La peur ! Le mal du siècle… La peur nous bloque…

Dans le Step 1 de la méthode Adit-i, un audio lui est consacré :  Adit-i : Step 1 Cerveau – Coeur – Le cerveau reptilien

Après ces extraits d’un article du professeur Jean-Pierre Lepri*, vous trouverez une vidéo illustrant avec humour ce grand sujet qu’est la peur et dont nous avons pas vraiment conscience. Ensuite, une conférence de JP Lepri. Tout à la fin, l’audio Adit-i du Step 1 concernant le cerveau reptilien | la peur pour ceux qui n’ont pas accès à la Bibliothèque.

*Jean-Pierre Lepri est docteur en éducation et en sociologie. Il est membre du CREA-Apprendre la vie, qui est un cercle de réflexion pour une éducation authentique. Il a travaillé pour l’éducation nationale française durant une cinquantaine d’année, en France et dans le monde entier.

JP Lepri : Que les êtres humains agissent et vivent sous l’impulsion de l’angoisse et de la peur semble une évidence. La peur est la source de conflits, de guerres, de mal-être, de souffrances et de morts, par milliers, par millions.

J’ai peur de perdre mon travail, mon conjoint, ma maison, mon argent… J’ai peur de ce que vont penser les voisins, les autorités (morales et autres). J’ai peur de la maladie, de la mort – donc j’ai peur de vivre, car la mort est partie de la vie. J’ai peur d’être seul, de ne pas être aimé, de décevoir, d’échouer. J’ai peur d’être attaqué, frappé, violenté…
Alors je construis des protections contre ma peur.

Des murs, barbelés, blindages, alarmes, clôtures… et je m’enferme dans une prison pour me sécuriser. Ou alors je m’aligne sur les autres, pour ne pas prendre de risques – c’est le conformisme. Ou encore, je m’en remets à un protecteur tout-puissant, un être humain ou une idée, en échange de l’abandon de mon autonomie – c’est le totalitarisme. Ou un peu – ou beaucoup – des trois à la fois.

Mais les hauts murs, ou la conformation ou encore la soumission au tout-puissant, s’ils me donnent, un temps peut-être, une illusion de tranquillité relative, ne m’enlèvent pas, pour autant, ma peur fondamentale. De fait, en recherchant la sécurité, je ne fais que consacrer l’existence de cette peur, voire je l’alimente à la manière d’un cercle vicieux.

La mécanique de la peur

J’éprouve de la peur chaque fois que je me sens en danger ou menacé ET que j’estime ne pas avoir les ressources nécessaires pour y faire face. Je suis bien le responsable de ces évaluations. Ce qui me fait peur ne fera pas peur à un autre – ou à moi-même à un autre moment. Ma peur se déclenche en relation à une attente, à mon attachement à une image : de mon moi idéal, de mon identité, de ce qui devrait être. Pour atténuer ma peur, je pourrais donc, dans un premier temps, dédramatiser la menace ou bien renforcer mon auto-estime, acquérir la ressource nécessaire pour y faire face ou encore jouer sur ces deux plans à la fois.

Ma peur vient du temps où, enfant, petit de taille et démuni, j’étais à la merci de mes adultes nourriciers – lesquels transportaient, en outre, leurs propres peurs infantiles…
Et s’ils m’oubliaient ? S’ils m’abandonnaient ? J’apprends la peur à ce moment-là et elle m’habite alors à vie si je ne «grandis» pas. «Les paniques infantiles latentes sont utilisées [voire cultivées] par des chefs habiles, des groupes d’intérêts, pour grossir des dangers aux yeux des gens ou pour leur faire ignorer le danger jusqu’à ce qu’il soit trop
tard». Certains exploitent ainsi ce mécanisme à leur profit : les marchands de sécurité (de peur), les politiques, les religions, les organisations… offrent protection contre des peurs qu’ils forment et alimentent.

La peur, je l’apprends donc à ma naissance : de mes parents, de mes maîtres, des autorités de toutes sortes. Mes parents, mes maîtres, les autorités l’ont apprise de leurs parents, de leurs maîtres, de… qui eux-mêmes, à leur tour, l’ont apprise de… Il en est ainsi depuis des siècles, voire des millénaires.

L’éducation recourt à la peur. La peur est donc apprise. Ce qui est inné, c’est l’instinct de survie qui, par exemple,
me fait fuir, sans peur, devant un rocher qui dégringole, devant un serpent… La peur, elle, vient éventuellement ensuite, lorsque j’y repense.
L’éducation a explicitement recours à la peur même sans menace physique. Comme le constate déjà un proverbe: «frapper un animal, c’est de la cruauté; frapper un homme, c’est un délit; frapper un enfant, c’est de l’éducation».
Qui n’a jamais eu peur à l’école ou de ses parents ? D’une interrogation ou d’un examen ? D’échouer ou de ne pas être comme les autres ? De décevoir et de ne pas être aimé ? De la punition ou de la récompense ?

Audio Adit-i

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