Invité récemment en Galice par des défenseurs de droits de l’homme et du mouvement Nunca Mais (catastrophe du pétrolier Prestige), j’y ai rencontré l’écrivain argentin Adolfo Perez Esquivel (prix Nobel de la Paix 1980). Qui a prononcé une conférence remarquable sur le thème “Le terrorisme économique tue bien davantage que les guerres”. Il nous a raconté cette histoire délicieuse que lui avait confiée son ami Gabriel Garcia Marquez, autre grand écrivain progressiste :

Un petit garçon de 8 ans. Son père, un scientifique, cherche à résoudre les problèmes de l’humanité. Le petit entre, lui tire la manche et lui dit : “Papa, je veux t’aider !

Son père le renvoie : “Non, mon fils, j’ai beaucoup de travail.

Mais le petit insiste. Il y a là une revue avec une carte du monde. Alors, le père prend la carte, avec des ciseaux il la découpe en tout petits morceaux, qu’il lui remet avec de la colle : “Voilà, essaie de reconstruire le monde.” Croyant occuper ainsi son fils pour une dizaine de jours.

Mais après deux heures, le fils a résolu le problème. “Comment as-tu pu faire cela ?

Eh bien, Papa, j’ai vu que l’autre côté de la carte, il y avait la figure d’un homme. Le monde, je ne le connais pas. mais l’homme, si. Alors, j’ai retourné tous les petits papiers. Et j’ai d’abord reconstruit l’homme. Puis, j’ai retourné le papier, j’avais reconstruit le monde aussi.

Histoire de Gabriel Garcia Marquez, racontée par Adolfo Perez Esquivel à Michel Collon

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